Après les mariages et une bonne nuit de repos, j’ai pu faire plus amples connaissances avec Tristan, malgré les boutons qui m’assaillaient.
- Tu veux que je te fasse une bonne crème ?
- Merci mais je dois avoir ce qu’il faut dans la pharmacie… quoi que, je dis pas non en fait, si t’es bien le fils de ton père c’est mieux d’avoir un truc naturel.
- No problemo !
- Mon dieu, c’est quoi c’que t’as fait à manger ?
- Ouais je sais, j’suis pas au mieux de ma forme…
Bref, c’était à moitié un bon moyen de rencontrer réellement son beau-frère. Et sur ces entre-faits, grande-tatie Prune a rendu le noyau… Non mais même dans cette situation elle était jolie, celle-là.
Faufau l’escargot, une fois n’est pas coutume, est restée plantée à trois mètres d’elle pour remplir son quota de minutes en retard, v’voyez.
Et on a eu droit au fantôme qui pleure la décédée… non mais franchement.
Bon, ben ça c’était fait. Y’avait plus qu’à la foutre au fond avec les autres.
Et pendant que mon doudou tordait joliment du popotin sur le tapis de course…
Moi je rendais mon déjeuner alors que j’arrivais quasiment à terme. On a une poisse internationale ou on en n’a pas.
Mes journées n’étaient pas franchement folichonnes. Je m’occupais du jardin et j’allais faire une sieste, quand je ne me relevais pas pour faire à manger et récurer la douche. Du coup, le magasin me manquait un peu.
- Mais tu vas pas aller t’occuper du magasin comme ça ! Et si tu tombes ? Si t’as besoin d’aide ? SI TU ACCOUCHES LA-BAS ?!
- Relaaaaxe ! J’y vais pour me changer les idées, j’en ai marre de m’enterrer ici. Et puis si y’a un problème, je t’appelle ou j’appelle ma sœur, y’a no sushi !
- Okay… t’es sûre hein ?
- Mais oui !
J’ai donc ouvert le magasin pour la journée… et j’aurais pas dû, parce qu’à moi toute seule, c’était franchement compliqué, y’avait trop de monde. Alors au moins les affaires marchaient, mais bon.
Bilan : ce fut dur, mais j’ai pas accouché. Hallelujah ! Ambroise allait pouvoir détendre son string. Pardon, son caleçon.
Pour agrémenter ces agréables dernières semaines passées, les fantômes étaient redevenus relous. Je ne vous raconte pas le nombre de lavabos, de douches et de chiottes qu’on a dû réparer en UNE SEULE NUIT.
Et puis ENFIN, j’ai fini par perdre les noyaux. Enfin les eaux. Peut-être que la journée passée au magasin aura fait accélérer le processus, ce qui n’était pas si mal.
Je donnai naissance à une magnifique petite Framboise !
Avec le biberonage™ et le changeage™ de couches intenses, le nourrissage™ et le lavage™ de moi-même, j’avais plus une minute à moi entre deux siestes. Du coup, c’est Tristan qui s’est occupé du jardin pour moi. Qu’il était gentil celui-là.
D’ailleurs, il s’est très bien intégré à la petite famille. Il ne voyait pas souvent les fantômes mais quand il les croisait, il avait toujours une réplique diplomatique qui leur trouait le popotin à placer l’air de rien… parfait, vous dis-je, et il était très heureux avec Pêche. D’ailleurs, ils avaient le même âge et s’accordaient sur beaucoup de points. Bref, les mois et les années ont fini par s’écouler tranquillement, nous donnant un rythme de vie assez paisible en dehors des cris de Framboise. Et puis un matin, BAM ! Ma sœur nous avait fait un déni de grossesse. Imaginez, à son âge… vu qu’elle s’était pas sentie super bien pendant une période, elle a fini par se poser des questions. Du coup, regardez qui voilàààà !
Bon, malgré la surprise, ils en étaient très heureux. Par contre, un ça leur suffit !
Framboise nous a rejoint sur deux pieds, entre temps. Le look, je vous dis pas la galère, mais elle était très belle. Elle avait la tronche de son père par contre (pour changer, dans la famille), blonde, et de grands yeux.
- Mais que tu es beeeelle ma fille !
- Toi aussi maman !
- Moooh…
- Hé les gars, j’veux pas vous interrompre dans ce joli moment ou quoi, mais j’crois que j’ai lâché c’qu’il fallait, là…
Pêche ou comment dégueulasser la cuisine. Je l’ai envoyée à l’étage illico !
Et pouf, elle nous a pondu un petit Cassis. Ouais, on faisait dans les fruits rouges pour cette génération.