Pendant les trois jours où Sera n’était qu’un bébé, Cloud avait trouvé une nouvelle occupation : l’enquiquiner. En dehors d’aller à l’école, s’occuper des camarades trop lourds, et faire ses devoirs évidemment. Au moins, ça lui faisait penser à autre chose. D’ailleurs, Sera n’était pas un bébé terrible. Les seules fois où on l’entendait – en dehors des couches remplies et de l’estomac qui grondait -, c’était lorsque son frère faisait mine de lui raconter une histoire incroyable. Peut-être essayait-il aussi de la chatouiller. Allez savoir…
Le matin qui suivit cette tendre période, Judie se leva en entendant le berceau faire du bruit. Pas de doute, c’était l’heure ! Tangage™ et étoilage™ étaient au rendez-vous. Et il était inutile de décrire à quel point madame était pressée de connaître sa fille. Qui l’aurait cru ?
De toute évidence, si Cloud était le portrait de son père, Seraelle pouvait rassurer sa mère sur la descendance de ses jolis traits.
- C’était à ça que tu ressemblais, petite ?
- Ouais.
- Dis donc, t’aurais pu avoir l’air sympathique si je ne te connaissais pas si aigrie.
- Parce que je le suis toujours autant ?
- Pas vraiment. Mais disons que t’avoir connue en mode senior n’a rien aidé.
- Ouais ben crotte, Sera ne finira pas forcément comme moi.
- Espérons-le.
Comme son frère dormait encore profondément, Sera a profité de la tranquillité de la maison pour rattraper son retard écolier. En tous cas, pour ce qui était de ressembler à Cloud pour son sérieux, il n’y avait pas besoin de les faire se rencontrer pour constater la chose.
En revanche, la petite s’accoutumait un peu moins à leur façon de vivre. Certes elle n’avait rien connu d’autre, mais peut-être avait-elle l’impression de ne rien réussir de bon à tout casser sur son passage comme elle le faisait. Le souci ne venait pourtant pas d’elle, mais d’un ameublement de qualité douteuse, on s’en doutait bien.
Alors quand il le pouvait, Cloud essayait de la rassurer. Il fallait dire que pour lui, tout allait bien, surtout quand on avait un père tel que monsieur J à qui on ressemblait autant. La maison lui plaisait, il aimait ses parents, les diverses activités pleuvaient à l’intérieur comme autour du terrain, et même ses camarades d’école, qui pourtant lui faisaient toutes les misères du monde, n’arrivaient pas à lui mettre le moral au plus bas. Alors qui de mieux pour encourager Sera à sourire ?