• Chapitre 11 - les tambours

    Le petit Cloud n’avait pas vraiment posé de questions concernant ses parents, sa maison, et son train de vie. Être né dans cet environnement avait eu le point positif que tout paraisse normal. Etait-il conscient de vivre dans un jeu ? Peut-être. Ou peut-être qu’il s’en moquait. Le seul réel souci persistait dans la plomberie douteuse de l’endroit. Vivre à deux avec des toilettes et des lavabos qui cassaient une fois sur trois, pouvait encore passer. Mais avec un enfant qui ne savait pas réparer derrière, c’était un poil plus compliqué.

     

     

    On ne pouvait pas vraiment en vouloir à Cloud. Même s’il cassait tout sur son passage alors qu’il n’avait fait que tirer la chasse avant d’avoir pu se vider la vessie (mais qu’on se rassure, il a pu profiter des autres toilettes), il restait quand même un enfant assez intéressant et surtout intéressé. Sans trop attendre, il s’est attelé à ses devoirs en prévision de la rentrée le lendemain. Bon, sauf à ce moment précis où il rêvassait plutôt qu’autre chose.

     

     

    Ah, déjà mieux. Soif d’apprendre ou joie de vivre, on ne savait pas vraiment. En tous cas, cet enfant n’était pour le moment pas réellement encombrant. Une chance pour Judie !

     

     

    A l’image de son père, Cloud avait même la classe en pêchant. Oui, il était tellement bien ce petit qu’il pêchait pour la famille pendant que maman et papa dormaient. Trop d’énergie à revendre ? Certainement, à cet âge-là !

     

     

    Et c’était dimanche ! L’occasion pour les Templeton d’augmenter un peu la capacité de leur sous-sol en achetant une nouvelle chaise et en agrandissant un peu la piscine.

     

     

    Pour la première fois, Judie s’essaya au tapis de course. Elle se sentait vieillir petit à petit et n’aimait pas l’idée de voir les kilos ajoutés par le jeu devenir réalité. Enfin, pas besoin de notifier qu’il s’agissait de sa première séance de sport, étant donné que l’action parlait d’elle-même.

     

     

    Lorsqu’on était une ex-petite vieille aigrie dont le comportement changeait, on n’appréciait pas forcément les nouvelles expériences, mais on se battait pour ses convictions. Heureusement pour nous, Judie était têtue. C’est donc sans surprise qu’elle remonta sur le tapis après être tombée. Plusieurs fois.

     

    Le reste de la journée fut consacré à la découverte du jeu par Cloud. Judie et monsieur ne manquèrent pas de lui expliquer en long en large et en travers de quoi il retournait, tout en lui faisant comprendre que de toute façon, il n’avait d’autre choix que de les suivre dans la partie. Mais le petit tenait bien de son père : des étoiles remplirent instantanément ses beaux yeux verts. Compétiteur dès le plus jeune âge ! Il lança donc les dés et fit un six, non double.

     

     

    Si monsieur J et son fils n’étaient pas très inquiets puisqu’étant souvent en plein dans la positive attitude, Judie était un peu plus concernée étant donné ses connaissances en matière de surprises venant du jeu. Mais elle se dit rapidement que ça ne pouvait pas être pire que ses voisins.

    En effet, la journée se déroula sans trop d’accrocs pour J qui revient même avec une promotion !

     

     

    Tandis que Cloud, agacé ou non, affichait le même air victorieux que son père.

     

     

    Seule Judie semblait ne pas avoir géré les choses très bien. Promue également certes, mais énervée.

     

     

    Pour se détendre un peu, elle décida d’inviter ses hommes à passer un petit moment dehors, histoire de se raconter un peu leur journée. Lorsque monsieur J invita Judie à commencer, elle ne répondit que par un grognement. Alors il enchaîna, supposant qu’elle préférait se délecter des leurs. Il s’avéra que monsieur J était en fait capable de laisser une jolie façade lui dicter sa conduite sur une grande période. En somme, aucun de ses collègues n’eut l’impression de l’agacer.

    - Et toi Cloud ? Les copains à l’école ?

    - C’est pas mes copains !

    - Parce qu’ils t’ont directement cassé les oreilles ?

    - Ben ouais ! Mais c’était pas très grave, parce qu’à chaque fois qu’ils venaient m’embêter, ou crier, ou me bousculer, je faisais la même chose. Mais en pire !

    - …

    Judie devait-elle être rassurée ? Peut-être bien. En tous cas, si elle tenait à sa santé mentale, il allait lui falloir prendre exemple sur son fils ou monsieur J.

     

     

    D’autant qu’elle allait avoir besoin d’encore un peu de courage dans les prochains jours.

    - Et t’es contente ?

    - Ben bizarrement, oui !

     

     

     


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