• La première semaine de Judie passée dans le Janimju eut beaucoup de hauts et de bas. Quelle vie n’en avait pas ? Le truc, c’est que quand on était une ex-vieille aigrie, tout avait plus d’importance au niveau de l’agacement. C’est ainsi qu’elle connut ses premiers nettoyages…

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    Et ses premiers réparages™. Rien de très attrayant ni glamour, mais c’était la dure loi de la vie.

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    De temps en temps, elle se réjouissait de passer des repas entourée d’habitants du jeu, même si une fois sur deux elle ne pouvait pas vraiment prendre part aux conversations. Ça lui faisait un peu d’animation.

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    Elle avait même réussi à se faire une « amie », une personne qui acceptait de discuter avec elle et qui semblait fort sympathique. Rien de plus normal me direz-vous, entre vieilles, il fallait se serrer les coudes. Oui, Judie n’était plus de cet âge-là, mais elle se sentait naturellement proche de cette gentille dame pour le moment.

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    Le lendemain, Judie croisa de nouveau le dénommé… J, troisième du nom. Oui, on pouvait faire mieux, et même ça Judie n’était pas certaine de le cautionner. Mais quand il s’agissait de trouver un partenaire de jeu, il fallait arrêter de faire la fine bouche.

    Cette fois-là, elle se présenta à lui habillée convenablement. Pas de pyjama, pas de conversation bizarre, rien qu’une bonne vieille discussion banale et cordiale, qui détendit notre nouvel ami.

     

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    Judie se dit qu’elle avait certainement gagné des points auprès de lui. Le bougre n’était pas tout ce qu’elle attendait et pas forcément son type d’homme physiquement parlant, mais ça semblait prometteur et ce n’était pas pour lui déplaire.

     

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    Avoir l’estomac rempli et un potentiel futur monsieur Templeton dans ses petits papiers remonta le moral de notre prisonnière grincheuse. C’est tout sourire qu’elle termina sa semaine de travail avec une seconde promotion !

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    - Alloooo, c’est dimanche !

    - Hey, pourquoi tu cries de bon matin ?!

    - Ben parce que c’est dimanche.

    - J’avais compris l’info, autre chose ?

    - Ah ben oui, je t’ai pas expliqué. Chaque dimanche, le jeu génère des meubles et objets d’aménagement qui atterrissent aux quatre coins des espaces publics. Avec l’argent que tu te fais au boulot, tu es autorisée à aller faire ton marché, si tu veux.

    - Sérieux ?!

    - Si je te le dis.

    Judie était aux anges. Bon, à moitié disons, parce que la maison restait terriblement petite. Elle savait qu’elle n’avait pas grande marge de manœuvre, mais elle devait bien avouer qu’elle ne pouvait pas dire non à quelques nouveautés plus ou moins indispensables. C’est ainsi qu’elle se retrouva à traîner un tapis de course au sous-sol, ainsi qu’un feu de camp en kit qu’elle installa comme une grande, et qu’elle devrait mieux maîtriser que le grill.

    - Tu vas pouvoir faire cuire du poisson !

    - Ah oui c’est vrai, le fameux poisson ! Il était temps, les champignons sur le long terme c’était pas trop envisageable.

    - Comment vont tes intestins ?

    - J’préfère pas en parler.

    Afin d’inaugurer son feu de camp, Judie alla directement pêcher à côté de la maison.

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    … Mais n’avait jamais fait ça de sa vie.

    - Dis-donc, tu foutais pas grand-chose en fait.

    - Si, j’allais au parc, je regardais les enfants tomber, et je jouais aux échecs.

    - …

    Judie resta une heure plantée comme un piquet à attendre que l’hameçon fasse son effet. Après s’être rendue compte, évidemment, qu’elle n’en avait pas mis, puis qu’elle l’avait mal accroché. On était Judie, ou on ne l’était pas.

     

    Chapitre 5 - les tambours

     

    Et finalement, elle avait son tout premier poisson. Heureuse ? Certainement !

    - Adieu la chia…

    - Chut, enfin ! Y’a des enfants qui lisent.

    - Ah bon ?

    - On va dire que oui.

     

     

    Chapitre 5 - les tambours

     


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  • Voir Judie gérer comme il fallait le feu de camp était assez attrayant. Evidemment, elle avait passé les premières minutes à être certaine de l’allumer comme il fallait sans faire cramer la maison en même temps. Une fois la panique passée, elle s’est directement attelée à la phase « cuisinons du poisson », parce qu’elle n’en pouvait vraiment plus des champignons. Ça ne se voyait pas vraiment, mais elle était radieuse.

     

    Chapitre 6 - les tambours

     

    Ce qui faisait moins plaisir en revanche, c’était les factures qui sont arrivées dans la boite aux lettres le mardi matin. Livrées par une dame tout aussi radieuse, d’ailleurs.

    - C’est pour ça que je devais profiter de mon dimanche ?

    - Exactement ! D’ailleurs il faut non seulement que tu paies tes factures, mais que tu envoies également tout l’argent qu’il te reste.

    - PARDON ?

    - C’est pour ça que tu as tout intérêt à te faire plaisir au marché.

    - Et l’argent que je touche le reste de la semaine, je le garde ?

    - Oui. Jusqu’à mardi prochain.

    - C’est déjà ça…

     

    Chapitre 6 - les tambours

     

    Le problème avec le karma de Judie, c’est qu’il était souvent question de « tout ou rien ». Après sa joie à découvrir ses soucis financiers, elle passa la semaine entière sans plus recroiser monsieur J. Et comme il ne passait aucun homme qui répondait à ses attentes, elle en vint presque à se dire qu’elle allait finir vieille fille dans le Janimju, et mourir sans jamais créer une descendance qui allait délivrer les Templeton du jeu.

    Lorsqu’un jour, enfin, J se repointa. Elle ne s’attendait tellement plus à le voir qu’elle réussit à lui demander ce qu’il fichait dans le coin. Habillé d’une telle façon, il lui répondit qu’il se rendait à une soirée.

     

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    Une soirée ? Que nenni ! Certainement pas du point de vue de Judie, qui cette fois en profita pour directement se lancer dans la phase « séduction ».

     

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    Dehors au milieu de tout le monde ? En pleine nuit ? Sans passer de pommade avant ? Et alors, me direz-vous. Judie osait, et Judie le faisait jusqu’au bout.

     

    Chapitre 6 - les tambours

     

    Et le mieux, c’est que sa tactique marchait parfaitement bien. Ça avait presque du bon de ne rien connaître dans le domaine. Au moins, il n’y avait pas la place pour les moments de gêne et on y allait franco. Bon, sauf si l’on se mettait à parler de nos problèmes gastriques, mais il n’y avait que Judie qui excellait dans ce domaine.

    - Alors, ce bai.ser, ça donne quoi ?

    - Shhhh !

     

    Chapitre 6 - les tambours

     

    Jusque-là, J n’avait pas l’air de s’enfuir. Avait-il apprécié ? Assez pour ne pas s’énerver en tous cas. Pour mettre toutes ses chances de son côté, Judie passa à la phase « aguicheuse », qu’elle avait vue être pratiquée par quelques dames dans le voisinage. Et comme Judie était plutôt douée en ce qui concernait l’observation, il était presque tout naturel qu’elle arrive à remettre en pratique ses analyses.

     

    Chapitre 6 - les tambours

     

    Tout portait à croire qu’elle avait brillamment réussi son coup. Monsieur la suivit jusque devant la maison, très heureux de la tournure qu’avait pris sa soirée.

    - Ça y est, tu as trouvé ? Il reste ?

    - Je crois bien.

    - C’est pas trop tôt ! Et il te plait ?

    - J’aurais pu trouver pire, alors oui.

    - Si c’est pas beau ça mesdames messieurs ! Judie est presque heureuse !

     

     

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  • Monsieur J étant jeune et actif, il accepta de vivre avec Judie après être tombé sous son charme. Si notre ronchonne était loin d’être parfaite et avait perdu beaucoup de temps à trouver l’homme idéal, elle était néanmoins parvenue à ses fins.

     

    Chapitre 7 - les tambours

     

    Judie lui fit visiter la maison, ce qui fut rapide étant donné sa taille. Le plus intéressant se trouvait évidemment à l’étage, et les choses ne tardèrent pas à devenir sérieuses. C’est qu’elle y tenait, Judie, à suivre ce que lui dictait le jeu.

     

    Chapitre 7 - les tambours

     

    Les deux compères passèrent sous la couette une fois…

     

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    … Et une seconde, sous la demande de madame pour être certaine de concevoir. Un partenaire de jeu, c’était déjà bien, mais ça n’était pas suffisant et elle le savait bien. Autant mettre toutes les chances de son côté.

     

    Chapitre 7 - les tambours

     

    Pendant que Judie récupérait de sa journée, monsieur J était assez efficace. Peut-être pas complètement mature mais apparemment serviable lorsqu’il en avait envie. Restait à voir s’il vivait de la même façon que Judie avec le sourire.

     

    Chapitre 7 - les tambours

     

    Au matin, elle lui expliqua le principe du jeu, la raison pour laquelle elle se retrouvait coincée à l’intérieur, en bref tout ce qui lui était arrivé depuis qu’elle avait trouvé la boîte. Etant lui-même un habitant du jeu, il ne put que se réjouir de participer à une telle aventure. Il était déjà au courant qu’elle était une étrangère, mais quelques défis ne pouvaient que lui plaire. C’était dur, certes, mais il se prêta volontiers à la restriction du poisson, pour commencer. Peut-être était-il juste un grand gamin, soucieux de gagner à un jeu qu’il ne comprenait pas totalement.

     

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    Judie l’installa ensuite devant la boîte, pour qu’il lance les dés à son tour. Un second pion se dressa dans un coin du plateau et monsieur J fit un quatre, non double.

     

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    Judie grimaça. Elle était loin d’être douée avec le feu et se trouvait bien chanceuse de ne pas encore avoir mis le feu à la maison avec le feu de camp.

    - Surtout, fais attention à toi !

    - Je te retourne le compliment !

    Si monsieur J essayait de masquer son inquiétude avec une fausse confiance affichée fièrement, Judie en revanche ne cachait certainement pas ses émotions.

    Et pour cause ! Se montrer intouchable ne l’aurait pas aidé du tout.

     

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    Alors pour minimiser les dégâts, J s’est dévoué pour le grillage™ de poisson, que Judie finit par attendre bien sagement. N’étaient-ils pas adorables ?

     

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  • Monsieur J était un homme qui aimait prendre soin de lui et de son image. Aussi, lorsqu’il vit le tapis de course au sous-sol, il ne put s’empêcher de l’inaugurer. Il était vrai que même si Judie l’avait acheté, elle n’avait pas encore pu prendre le temps de s’en servir. Peut-être en serait-elle obligée en prenant de l’âge et des kilos par la même occasion.

     

    Chapitre 8 - les tambours

     

    Le fait amusant de la journée fut, pour les tourtereaux, de se rendre compte qu’ils travaillaient au même endroit, même si ça n’était pas dans le même service. Désireux de ne pas trop s’y croiser à l’avenir et ne plus se supporter, J décida de démissionner et postuler ailleurs. C’est ainsi qu’il devint un agent secret.

     

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    Le temps dans le Janimju ne s’écoulait pas de la même manière que dans le monde de Judie. Si elle se rendait compte que sa vie se comptait en jours et en semaines, elle avait néanmoins l’impression d’avoir une longévité naturelle et normale. Depuis plus de deux semaines qu’elle était prisonnière, ça ne lui avait pas paru étrange et elle s’en était accoutumée.

    Elle ne fut donc pas très étonnée lorsque, très peu de temps après son emménagement avec monsieur J, elle se sentit nauséeuse.

     

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    … Comprenant rapidement ce que ça impliquait. La petite bosse sur le bidou était prometteuse.

     

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    La première chose que Judie fit après avoir rendu son poisson fut d’annoncer la nouvelle à monsieur J, naturellement. Elle s’inquiétait un peu puisqu’elle ne le connaissait finalement pas énormément, mais étant donné son enthousiasme à jouer le jeu, elle se dit qu’il allait bien accepter cette petite nouveauté.

     

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    - Il a pas l’air très heureux ton monsieur.

    - Tu trouves ?

    - Ben…

     

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    J dut évidemment se remettre les idées en place avant de finalement sourire, heureux à l’idée d’avoir une crevette dont il devrait s’occuper.

    - Hormis que les biberons sont interdits.

    - Ça aussi ??

    - Oui. Tu ne pourras le nourrir que toi, à la tétée.

    - Sérieux…

     

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    Cette déception passée, Judie se dit qu’il était temps de demander officiellement à monsieur s’il voulait être son homme chéri à elle. Il fallait dire que maintenant qu’elle était enceinte, c’était un peu l’étape obligatoire. Elle ne savait pas réellement si elle avait de vrais sentiments pour lui, en tous cas elle l’appréciait beaucoup et se sentait bien à ses côtés. Ce qui était une énorme progression dans la vie de Judie.

    Le problème, c’est que J n’était pas du genre à s’engager. Même s’il acceptait sa nouvelle situation, ce n’était pas encore suffisant pour répondre « oui ».

     

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    Petit crack dans le cœur de Judie qui n’était pas prête de supporter un tel refus après avoir décidé de s’ouvrir de cette façon.

     

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    Mais elle n’eut pas le temps de ressasser sa réponse. Maître dans l’art des blagues pas drôles, J était un fripon comme il y en avait peu. Pauvre Judie.

     

     

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  • Monsieur J avait beau ne pas être très attaché à l’idée de s’engager définitivement, il montrait tout de même quelques avantages. Comme aller pêcher pour la nouvelle petite famille… en slip. Est-ce que c’était pour rendre Judie jalouse ou seulement se pavaner comme il en avait l’habitude ? Il n’y avait pas de réponse à ça. D’autant que madame n’était pas à ses côtés pour le voir ainsi dénudé. 

     

    Chapitre 9 - les tambours

     

    Mais on ne pouvait pas lui en tenir rigueur, puisqu’elle amenait à la maison une nouvelle promotion. Doucement mais sûrement, comme on dit ?

     

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    Côté menace du jeu, elle n’était pas en reste non plus. N’était-elle pas censée faire attention ? Bien sûr que si, mais lorsque le feu était plus ardent qu’à l’ordinaire, on ne pouvait pas réellement lui en vouloir. Tant que le feu ne se propageait pas plus que ça et ne lui offrait qu’une jolie brûlure en plus d’un flippe total, on pouvait encore dire « ouf ».

     

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    Si monsieur J n’était pas présent pour l’empêcher de faire des bêtises, c’est parce que lui aussi excellait au travail. Première promotion !

     

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    S’il devait la tenir aussi éloignée du feu que possible, il devait également s’occuper des flaques d’eau qui parcouraient les salles de bain régulièrement à cause de la plomberie qui cassait. Mais ce jour-là, l’eau ne venait pas du lavabo.

     

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    - Oh purée, j’fais quoi ?!

    - Monsieur J n’est pas là ?

    - Aucune idée !

    - Hé bien commence par aller devant l’un des berceaux.

    - Mais j’ai jamais accouché !

    - C’est vrai. Mais tu verras, ça va tout seul. Quelques contractions, parce que faut bien que ça paraisse réel, mais tu es dans le Janimju, ça n’a rien de sorcier ici.

    - Je sais pas si j’dois être rassurée !

    Judie suivit les conseils du jeu et crut mourir sur place en expulsant son bébé dans le berceau. Bon, ça n’avait pas été si terrible mais tout était amplifié pour Judie qui avait rarement vécu quelque chose de si délicat et douloureux. Elle donna donc naissance à un petit garçon, qu’elle nomma Cloud.

     

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    Elle n’avait jamais été si proche d’un tel petit être vivant. Elle avait bien eu ses parents dans sa vie à qui elle avait beaucoup tenu, et quelques oncles, tantes et cousins, mais ceux-ci n’avaient jamais vraiment fait partie de sa vie. Elle ne s’en était jamais plus mal portée. Avoir une réelle famille était donc une expérience tout à fait nouvelle à laquelle elle ne s’était pas du tout préparée. Pour la première fois, elle se sentait un peu moins vide. Pour la première fois, elle se sentait responsable de quelque chose (ou en l’occurrence quelqu’un), autre qu’elle-même. Pire, elle aimait réellement quelqu’un d’autre. Cette petite chose qu’elle pouvait appeler fils.

    C’est au moment où elle alla se débarbouiller un peu que monsieur J fit son apparition. Ou plutôt, sa panique.

     

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    S’il ne rassurait pas ses lecteurs, monsieur J finit par se calmer et découvrir apparemment avec joie qu’il avait un fils. Il ne chercha pas à discuter le choix de son prénom, qu’il trouva fort joli. 

    - Tu crois qu’il va aimer sa nouvelle vie, ton J ?

    - Peut-être…

     

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